
Dans ma poche, j’ai trois noix
Premier jour d’école
Une pour Maman, une pour Papa
Une hirondelle me frôle
La route n’en finit pas,
Je dois la réapprendre
Pour y feutrer mon pas
Au silence de septembre
Et je laisse en chemin
Crochés aux barbelés
Les rires des cousins
Solfège d’un été
J’aime bien l’école
Mais l’été se fait vieux
Et l’automne lui vole
Déjà des bouts de feu
La route n’en finit pas
Je dois la réapprendre
Y tisser d’autres joies
Que l’enfance sait prendre
Je le ferai demain
Et j’aimerai l’école
J’oublierai les cousins
Et l’insouciance folle
Mais là, la route n’en finit pas
Et j’ai le cœur qui gronde
Dans le bruit d’un fracas
Qui termine sa ronde
Une feuille s’envole
Je veux rentrer chez moi
Je dois aimer l’école
Et ma route, et le froid
Demain, je sautillerai
En marelle de chemin
En pastel de craie
Pour écrire un plus loin
J’ai trois noix dans ma main
Une pour Maman, une pour Papa
Pour le goût de chagrin,
La troisième est pour moi…
Et Manu, lui, il avait pris sa guitare